Les communautés religieuses exigent davantage de protection pour les réfugiés

Pour la première fois, juifs, chrétiens et musulmans publient une déclaration commune sur les réfugiés. Les communautés religieuses représentées au sein du Conseil suisse des religions invitent leurs membres à s’engager en faveur des réfugiés. En même temps, elles en appellent à l’État et au monde politique en leur enjoignant d’assumer leurs responsabilités face aux besoins des réfugiés.

 


Le paysage religieux de la Suisse a changé au cours des dernières décennies; il est devenu multiple. Comment des êtres qui tiennent pour vraies et justes des choses très différentes peuvent-ils vivre ensemble? Nombreuses sont les personnes en Suisse que cette question préoccupe. En outre, le danger dans le contexte international actuel est que la religion soit utilisée pour justifier des prétentions de puissance et pour légitimer violence et guerre. C’est dans ce cadre que le Conseil suisse des religions (SCR) a été fondé le 15 mai 2006. Le Conseil se compose de personnalités dirigeantes des trois Églises nationales, de la communauté juive, la Métropole orthodoxe et d’organisations islamiques qui ont chacune été mandatées par leurs autorités suprêmes. Contribuer au maintien et à la promotion de la paix religieuse en Suisse, promouvoir la compréhension et la confiance entre les responsables des communautés religieuses, parler les uns avec les autres plutôt que les uns à propos des autres, constituent quelques-uns des objectifs de cette plateforme de dialogue. Le SCR doit également être un partenaire de contact pour les autorités fédérales.

Actualité

Prise de position du Conseil suisse des religions sur les symboles religieux dans l’espace public et à l’école

Prise de position du Conseil suisse des religions sur les symboles religieux dans l’espace public et à l’école

Le Conseil suisse des religions (SCR) s’engage en faveur d’une société dans laquelle des personnes ayant des convictions religieuses et philosophiques différentes puissent vivre ensemble dans la paix. Le SCR est convaincu que le respect mutuel constitue une base importante de la cohésion sociale.

La présente prise de position du SCR se fonde sur l’article 15 de la Constitution fédérale relatif à la liberté de conscience et de croyance.

Symboles religieux[1] dans l’espace public


[1] Les symboles religieux comprennent également les vêtements à connotation religieuse

Le SCR réaffirme sa position selon laquelle les personnes ont le droit de vivre et d’exprimer visiblement leurs convictions religieuses également dans l’espace public. Le port de symboles religieux est une expression de la liberté religieuse positive et fait partie de la possibilité de pratiquer une religion individuellement et collectivement.

Une société ouverte se caractérise par la possibilité pour différentes expressions religieuses d’être visibles et pour des personnes ayant des convictions différentes de se rencontrer dans le respect. Le SCR s’engage donc pour que personne ne soit discriminé, indépendamment du choix de porter ou non des symboles religieux.

Parallèlement, le SCR souligne que la liberté de religion comprend toujours aussi la liberté de ne pas porter de symboles religieux ou de refuser une pratique religieuse. Les convictions et expressions religieuses doivent reposer sur une décision libre. Le SCR s’engage pour que les communautés religieuses et les Églises qu’il représente respectent la liberté et l’autodétermination de leurs membres et veillent notamment à ce que chaque personne puisse développer et vivre librement ses convictions religieuses et puisse également prendre ses distances avec des pratiques religieuses ou s’en désolidariser.

Symboles religieux portés par les élèves

Le SCR est favorable à ce que les élèves puissent porter des symboles religieux à l’école.

La liberté de religion des enfants et des jeunes, en tant que droit fondamental garanti par la Constitution, doit être respectée. L’interdiction du port de symboles religieux à l’école constituerait une atteinte disproportionnée à un droit fondamental.

L’école est un lieu central où les enfants et les jeunes apprennent à composer avec différentes religions et visions du monde. Une école qui rend visible la diversité religieuse et permet un échange respectueux contribue de manière importante à une coexistence pacifique dans une société plurielle. Elle est synonyme de dignité humaine, d’égalité, de lutte contre les discriminations, de respect de la diversité et de cohésion sociale.

La neutralité religieuse de l’école ne signifie pas que la religion doit être rendue invisible. Elle signifie plutôt que l’État ne privilégie ni ne défavorise aucune religion et qu’il traite toutes les personnes de manière égale, indépendamment de leurs convictions. L’école doit offrir un espace protégé pour apprendre. Elle doit intervenir sur place lorsque des convictions religieuses ou philosophiques conduisent à l’exclusion, à l’hostilité ou à une restriction de la liberté d’autrui.

Parallèlement, le SCR souligne la responsabilité des parents. Les enfants ne doivent pas être mis sous pression ni être exclus en raison de symboles religieux. La liberté et le bien-être de l’enfant doivent toujours être au centre des préoccupations.

Symboles religieux portés par le personnel enseignant

Le SCR s’oppose à une interdiction nationale des symboles religieux pour le personnel enseignant.

Le personnel enseignant joue un rôle particulier dans le contexte scolaire. Il assume la responsabilité de faire fonctionner l’école comme un lieu d’ouverture, de respect et de neutralité religieuse. Cette responsabilité ne découle toutefois pas uniquement de l’apparence extérieure d’une personne, mais notamment de son comportement professionnel, de son attitude pédagogique et de sa capacité à présenter différentes perspectives et à les aborder de manière réfléchie.

Selon le SCR, les symboles religieux ne constituent pas, à eux seuls, une base suffisante pour considérer qu’un membre du personnel enseignant influence ou endoctrine les élèves. Ce qui est déterminant, ce sont les compétences professionnelles, la distance professionnelle et le respect du mandat éducatif de l’école.

Le SCR reconnaît parallèlement que les situations concrètes peuvent être différentes. Les questions relatives aux symboles religieux portés par le personnel enseignant doivent donc être évaluées dans leur contexte social et scolaire respectif. Il convient de respecter à cet égard la compétence cantonale en matière d’éducation. Si des cantons décident d’interdire les symboles religieux au personnel enseignant, une telle interdiction ne devrait être envisagée que sous certaines conditions, à savoir si elle repose sur une base légale, est objectivement justifiée, proportionnée, exempte de discrimination et vise à protéger des intérêts publics légitimes.

Le SCR demande aux institutions de formation du personnel enseignant d’accorder une plus grande place aux questions de religion, de vision du monde et de diversité sociale dans les cursus. Les hautes écoles pédagogiques apportent une contribution importante en permettant au personnel enseignant d’aborder de manière compétente et professionnelle ses propres références philosophiques et religieuses et de promouvoir et faire respecter les valeurs fondamentales de l’école, telles que l’égalité, l’égalité des chances et la neutralité religieuse.

Responsabilité pour une société plurielle

Le SCR est convaincu que la réponse à la diversité sociale ne peut pas consister à évincer la religion de l’espace public. De même, l’appartenance religieuse ne doit pas conduire à ce que des personnes soient mises sous pression ou que d’autres convictions soient dévalorisées.

Les communautés religieuses et les Églises s’engagent à apporter leur contribution à une société ouverte, pacifique et plurielle. Cela comprend la promotion du respect mutuel et de l’égalité des chances, le rejet de l’extrémisme et de la contrainte, ainsi que la volonté de réfléchir de manière critique et responsable à sa propre tradition.

Le Conseil suisse des religions s’engage pour que la religion puisse être visible dans l’espace public tout en garantissant la protection de la liberté de toutes les personnes.


[1] Les symboles religieux comprennent également les vêtements à connotation religieuse

Le livre-jeu « Cherche et trouve » sur le vivre-ensemble des religions et des cultures

En publiant le livre-jeu « Cherche et trouve » sur le vivre-ensemble des religions et des cultures, le CSR affirme son engagement en faveur d’une coexistence pacifique et respectueuse au sein d’une société plurielle. À une époque marquée par les crises mondiales et les polarisations sociales, il est plus important que jamais de renforcer le dialogue entre les personnes de différentes traditions religieuses et de mettre en lumière ce qui les unit.

En collaboration avec la maison d’édition vatter&vatter, le CSR développe un livre-jeu interreligieux destiné aux enfants, aux familles et au personnel enseignant. À travers des doubles pages richement illustrées, l’ouvrage met en scène des personnes de différentes religions et cultures partageant leur quotidien. Les histoires se déroulent en parallèle, se croisent et évoluent, à l’image de la vie en commun en Suisse.

Ce livre invite les enfants à observer, raconter, découvrir et poser des questions. Il leur offre une première approche ludique des différentes religions présentes en Suisse et les sensibilise dès le plus jeune âge à la diversité religieuse, au respect mutuel et à l’ouverture envers autrui. Le projet apporte ainsi une contribution précieuse à la compréhension interreligieuse et au développement d’un vivre-ensemble harmonieux.